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DPE : lire son étiquette et vérifier sa fiabilité

L'équipe Transpareo
CatégorieGuides Pratiques
Date
Illustration de l'étiquette DPE avec ses sept classes de A à G, classe D mise en évidence

Illustration : Transpareo, d'après le modèle officiel

Le diagnostic de performance énergétique, ou DPE, est devenu l'un des documents les plus importants d'une location ou d'une vente. Son étiquette, de A à G, conditionne la possibilité de louer, le gel des loyers et, souvent, le prix d'un bien. Pourtant, beaucoup de propriétaires et de locataires ne savent pas comment elle est calculée, ni comment vérifier qu'elle est juste.

Cette fiche explique comment lire un DPE, rappelle les évolutions récentes de la méthode, dont celle du 1er janvier 2026, et détaille les moyens de vérifier ou de contester un diagnostic.

Ce que dit la loi. Les articles L. 126-26 et suivants du code de la construction et de l'habitation imposent un DPE pour la vente et la location des logements. Depuis le 1er juillet 2021, le DPE est opposable : le locataire ou l'acquéreur peut se prévaloir de ses informations à l'encontre du propriétaire. Sa méthode de calcul est fixée par l'arrêté du 31 mars 2021, modifié à plusieurs reprises.

Ce que contient un DPE

Un DPE présente notamment :

  • l'étiquette énergie, de A à G, qui résulte de la consommation d'énergie primaire et des émissions de gaz à effet de serre ;
  • l'étiquette climat, de A à G, qui résulte des seules émissions de gaz à effet de serre ;
  • une estimation des dépenses annuelles d'énergie, en fourchette ;
  • la description du bâti et des équipements : isolation, menuiseries, chauffage, eau chaude, ventilation ;
  • des recommandations de travaux, avec leur effet estimé sur l'étiquette ;
  • le numéro d'enregistrement du diagnostic auprès de l'ADEME et l'identité du diagnostiqueur certifié.

Comment se calcule l'étiquette

Un double seuil

Depuis la réforme de 2021, la classe énergie est déterminée par deux indicateurs : la consommation d'énergie primaire, en kilowattheures par mètre carré et par an, et les émissions de gaz à effet de serre, en kilogrammes d'équivalent CO2 par mètre carré et par an. Le logement est classé selon le plus défavorable des deux. Un logement peu consommateur, mais chauffé au fioul, peut ainsi être pénalisé par ses émissions.

Pour les logements de plus de 40 mètres carrés en France métropolitaine, l'arrêté du 31 mars 2021 fixe les seuils suivants. Le logement prend la classe la plus défavorable des deux colonnes.

ClasseÉnergie primaire (kWh/m²/an)Émissions (kg CO2/m²/an)
Ajusqu'à 70jusqu'à 6
Bjusqu'à 110jusqu'à 11
Cjusqu'à 180jusqu'à 30
Djusqu'à 250jusqu'à 50
Ejusqu'à 330jusqu'à 70
Fjusqu'à 420jusqu'à 100
Gau-delà de 420au-delà de 100

Exemple : un appartement consomme 240 kWh d'énergie primaire par mètre carré et par an, ce qui le placerait en D, mais il émet 75 kg d'équivalent CO2 par mètre carré et par an, ce qui correspond à F. Son étiquette est F. Changer de mode de chauffage peut alors faire gagner plusieurs classes, sans toucher à l'isolation.

Une méthode fondée sur le logement, pas sur les factures

Avant 2021, le DPE pouvait s'appuyer sur les factures des occupants. Depuis, il repose uniquement sur les caractéristiques du bâti et des équipements, avec une méthode de calcul conventionnelle. Deux logements identiques obtiennent la même étiquette, quel que soit le comportement de leurs occupants.

Les petites surfaces

L'arrêté du 25 mars 2024 a modifié les seuils des étiquettes pour les logements de 40 mètres carrés ou moins, à compter du 1er juillet 2024. Les DPE de ces logements réalisés entre le 1er juillet 2021 et le 1er juillet 2024 peuvent faire l'objet d'une attestation de nouvelle étiquette, téléchargeable sur l'observatoire de l'ADEME.

Le changement du 1er janvier 2026 pour l'électricité

Pour calculer l'énergie primaire, la méthode applique à chaque énergie un coefficient de conversion. Pour l'électricité, l'arrêté du 13 août 2025, publié au Journal officiel du 26 août 2025, a abaissé ce coefficient de 2,3 à 1,9 à compter du 1er janvier 2026, en cohérence avec la valeur européenne. Un kilowattheure d'électricité consommé compte donc désormais pour 1,9 kilowattheure d'énergie primaire.

Ce changement améliore l'étiquette de nombreux logements chauffés à l'électricité. Selon le ministère de la Transition écologique, les DPE établis avant 2026 restent valables, et ils peuvent être mis à jour gratuitement, sans nouvelle visite du diagnostiqueur, sur le site de l'observatoire DPE-Audit de l'ADEME.

La durée de validité

Un DPE est valable dix ans. Les diagnostics réalisés avant la réforme ont toutefois cessé d'être valides plus tôt : ceux établis entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2017 ont expiré le 31 décembre 2022 ; ceux établis entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 ont expiré le 31 décembre 2024. Un bail ou une vente conclus aujourd'hui doivent donc s'appuyer sur un DPE réalisé selon la méthode en vigueur depuis juillet 2021.

Vérifier un DPE : la méthode

Vérifier l'enregistrement. Chaque DPE porte un numéro d'enregistrement à treize caractères. Sur l'observatoire de l'ADEME, ce numéro permet de retrouver le diagnostic et de vérifier qu'il a bien été déposé. Un DPE introuvable doit alerter.

Vérifier le diagnostiqueur. Le diagnostiqueur doit être certifié. L'annuaire officiel des diagnostiqueurs immobiliers, publié par le ministère, permet de vérifier sa certification à la date du diagnostic.

Vérifier la description du logement. Surface, année de construction, type de chauffage, isolation, menuiseries : chaque élément décrit doit correspondre à la réalité. Une isolation des combles déclarée alors qu'elle n'existe pas, ou une surface erronée, fausse le résultat.

Vérifier la cohérence. Une étiquette A pour une maison ancienne non isolée chauffée au fioul est peu plausible. Une étiquette G pour un appartement récent bien isolé et chauffé par pompe à chaleur aussi.

Notre outil Menace DPE aide à situer un logement dans le calendrier des interdictions de louer.

Contester un DPE

Demander une correction au diagnostiqueur. En cas d'erreur matérielle, le diagnostiqueur peut corriger son diagnostic. Il faut lui écrire en détaillant les éléments erronés, avec des justificatifs : factures de travaux d'isolation, fiche technique de la chaudière, plan du logement.

Signaler à l'organisme de certification. Chaque diagnostiqueur est certifié par un organisme accrédité. Une réclamation peut lui être adressée en cas de manquement.

Faire réaliser un contre-diagnostic. Un second DPE, réalisé par un autre diagnostiqueur certifié, permet de comparer. Des écarts importants sur un même logement peuvent fonder une réclamation.

Engager la responsabilité du diagnostiqueur. Depuis que le DPE est opposable, un acquéreur ou un locataire qui subit un préjudice du fait d'un DPE erroné peut rechercher la responsabilité du vendeur ou du bailleur, et celle du diagnostiqueur, qui doit être assuré. Le préjudice doit être démontré, par exemple une surestimation de la performance qui a influencé le prix.

Ce que l'étiquette change pour un locataire

Pour un locataire, l'étiquette a trois conséquences directes. Un logement classé G n'est plus décent pour un bail signé, renouvelé ou reconduit depuis le 1er janvier 2025 en métropole. Le loyer d'un logement classé F ou G est gelé depuis le 24 août 2022 pour les contrats conclus, renouvelés ou reconduits après cette date. Et, dans les villes où le niveau des loyers est encadré, une étiquette F ou G interdit tout complément de loyer. Nos articles consacrés à ces sujets détaillent chaque règle.

Ce que l'étiquette change pour un vendeur ou un acquéreur

L'étiquette doit figurer dans les annonces de vente. Pour une maison individuelle ou un immeuble en monopropriété, un audit énergétique est en outre obligatoire à la vente lorsque le logement est classé F ou G depuis le 1er avril 2023, et E depuis le 1er janvier 2025. Cet audit propose des scénarios de travaux chiffrés. Pour un acquéreur, le DPE et l'audit sont des éléments de négociation.

Les erreurs les plus fréquentes

Lire seulement la consommation. L'étiquette dépend aussi des émissions de gaz à effet de serre.

Ignorer la mise à jour de 2026. Un logement chauffé à l'électricité classé F en 2025 peut avoir gagné une classe. La mise à jour est gratuite.

Se fier à un ancien DPE. Un diagnostic antérieur à juillet 2021 n'est plus valide.

Confondre estimation de dépenses et factures réelles. Le DPE donne une fourchette conventionnelle, qui peut différer des factures selon l'usage du logement.

Questions fréquentes

Qui paie le DPE ? Le propriétaire, qu'il vende ou qu'il loue. Il doit le fournir au locataire, en annexe du bail, et à l'acquéreur.

Le locataire peut-il exiger un nouveau DPE ? Il ne peut pas l'imposer, mais il peut faire réaliser à ses frais un contre-diagnostic et s'en prévaloir en cas de litige.

Le DPE d'un appartement peut-il être établi à partir de celui de l'immeuble ? La réglementation prévoit des modalités particulières pour les logements en immeuble collectif. Le diagnostic reste propre à chaque logement.

Faut-il refaire un DPE après des travaux ? Ce n'est pas obligatoire, mais c'est utile : un nouveau DPE après travaux permet de faire reconnaître le gain de classe, par exemple pour sortir du gel des loyers.

Sources

  • Code de la construction et de l'habitation, articles L. 126-26 et suivants, Légifrance, consulté le 12 octobre 2026.
  • Arrêté du 31 mars 2021 relatif au diagnostic de performance énergétique, modifié par l'arrêté du 25 mars 2024 et par l'arrêté du 13 août 2025, Légifrance, consulté le 12 octobre 2026.
  • Ministère de la Transition écologique, « Évolution du calcul du DPE au 1er janvier 2026 », consulté le 12 octobre 2026.
  • Service-public, « Calcul du DPE : les nouveautés » (A18446) et « Le DPE évolue au 1er juillet pour les petites surfaces » (A17154), consulté le 12 octobre 2026.
  • ADEME, observatoire DPE-Audit, consulté le 12 octobre 2026.